La solitude

Crédit illustration : Darren Thomas Magee (@realfunwow)

J’ai commencé à rédiger ce billet il y a quelques semaines, bien avant que le coronavirus ne nous inquiète et nous oblige à nous confiner. Qu’il résonne davantage en moi aujourd’hui où nous sommes nombreux à vivre loin de nos proches ou amis.

J’ai grandi dans l’idée, et peut-être ne suis-je pas la seule à qui on l’a appris, qu’être solitaire était une mauvaise chose, un défaut qu’il me fallait absolument éradiquer. Combien de fois ai-je entendu dans mon enfance puis mon adolescence, que je devais sortir de ma chambre, aller dehors, inviter des gens, rencontrer de nouvelles personnes. Plus tard, dans les salles de classe, c’est d’ailleurs des élèves solitaires que l’on se moque. Etre seul, semble t-il, n’est pas bien vu par la société. Regardez comme on peut se moquer des personnes âgées vivant seules ou tout simplement des célibataires : ils sont vus par certains comme des parias! Mais pourquoi être seul serait si mal? Pourquoi faudrait-il absolument toujours être entouré d’autres personnes, vivre à plusieurs ou simplement aimer le monde? Etre solitaire n’a rien d’égoïste, j’aurais même tendance à dire que c’est le contraire. En s’accordant du temps nécessaire pour soi, on accorde du temps de meilleure qualité aux autres. Et puis surtout, pourquoi faudrait-il forcément vivre avec les autres? Pourquoi devrait-on forcément aimer passer du temps avec des gens avec lesquels nous n’avons pas forcément d’affinités, de points communs ou d’envies similaires? Pourquoi faudrait-il se fondre dans un moule et apprécier d’être comme les autres? Aujourd’hui, entre le travail, le sport, les loisirs et surtout, les réseaux sociaux, être seul est devenu un luxe. Et si vous avez des enfants, qu’il est compliqué de faire accepter aux autres de vouloir être seul. Nous sommes pourtant tous pareils. Parfois, nous avons besoin de calme, de ne pas écouter les histoires des uns ou les jérémiades des autres, de temps silencieux ou au moins solitaires.

Pour ma part, comme beaucoup je pense, j’ai toujours eu besoin, et cela m’est devenu vital depuis que je suis mère, de temps pour moi seule. Pour recharger les batteries, j’ai besoin de me retrouver seule avec moi-même, et ce temps n’a pas forcément vocation à être productif. Nul besoin de lire un livre, produire quelque chose ou faire une activité utile. Ce qui m’est nécessaire, c’est d’avoir le luxe d’être seule, de faire ce que j’ai envie de faire quand bon me semble, de savourer le silence, ne dépenser mon énergie et mon cerveau que pour moi-même et avoir le temps de laisser mon esprit gambader. Et si la solitude peut être mal vécue par certains en ces temps de confinement, combien sommes-nous à espérer pouvoir nous offrir ce qui, plus que jamais, est devenu un luxe lorsque nous vivons à plusieurs? Si j’ai la chance de pouvoir sortir avant septembre, mon bonheur suprême serait, je crois de marcher seule dans la nature, rien qu’une heure.

Et vous, solitude, ça rime plutôt avec tristitude ou c’est plutôt nécessaire?

2 commentaires

  1. Ton article me touche énormément. Tu le sais, je suis solitaire. Fille unique je n’ai jamais eu besoin d’une autre personne pour me sentir bien ni pour entreprendre quoique ce soit. Cette solitude s’arrête à la sphère amoureuse évidemment. Être totalement seule, sans amoureux, je ne sais pas si je pourrais. Le confinement me prouve qu’en réalité je n’ai pas besoin de rapports sociaux physique pour me sentir bien. Être à la maison, avec D et K me suffit pour être heureuse. Je me rends compte que c’est même souvent la pression sociale qi me pousse à lancer des invitations alors qu’en réalité je n’en ressens pas réellement le besoin. Les gens autour de moi sont souvent étonnés quand je leur dit que je vais à la piscine seule, que je vais marcher seule… Je me rends compte que pour beaucoup de ces personnes il faut forcément être deux pour faire quelque chose. Moi c’est l’inverse, je trouve cela contraignant de faire avec quelqu’un. Partager une activité avec quelqu’un c’est chouette mais j’y vois, personnellement, plus d’inconvénients que de points positifs.
    Et dans ce domaine K me bat haut la main. Solitaire ) 100% et fier de l’être !

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    1. Je comprends tellement ce que tu dis, je suis comme toi sur ce point là et s’il y a une chose que le confinement m’a montré, c’est que je n’ai pas besoin de voir des gens pour être bien, même ceux que j’aime (sauf mon mari et mon fils, là ce serait plus compliqué!) On s’est trouvées en fait 😉

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