Travailler slow – première partie

C’est la rentrée et elle nous parle d’y aller mollo, quelle idée! J’ai mis tellement de temps à écrire ce post, alors que ça fait pourtant plus d’un an que le changement de vie est amorcé dans ma tête. L’impression de ne pas se sentir légitime, sûrement mais aussi la vaste tâche qui m’attendait : travailler mieux, travailler moins, ça ne s’est pas fait en un jour, ça change toute une vie. Je ferai donc plusieurs posts pour en parler, ici je m’attarderai surtout sur les raison qui m’ont poussée à adopter une autre attitude envers le travail.

Changer de boulot? Mais pourquoi?

Quand j’ai passé le bac, mon objectif était un peu flou mais tout de même dirigé dans un certain domaine. Passionnée d’histoire, je voulais être archiviste ou conservatrice de musée. C’est comme ça que j’ai fait 3 ans de prépa Chartes puis un master à la Sorbonne. Mes études m’ont passionnée, surtout mon master, que j’ai eu la chance de faire à Paris, avec un directeur de recherches motivant, qui m’a ouvert les yeux sur d’autres sujets de recherches, m’a motivée pour suivre des cours à l’EHESS et l’Ecole du Louvre. En faisant mon mémoire et en travaillant dans divers musées prestigieux, je me suis rendue compte de deux choses : la recherche et l’écriture me passionnaient, et le boulot en musée n’allait finalement pas me plaire tant que ça. En parallèle, je travaillais également dans un commerce pour payer mes études et sans dire que cela me plaisait, j’aimais beaucoup le fait que ça bouge, cela contrebalançait avec les longues heures assise à la BNF. A la fin de mes deux années de recherches, on m’a proposé de continuer en doctorat mais j’ai préféré suivre une autre voie… enfin, l’amour. Mon mari étant muté, je l’ai suivi. Là, on a commencé à déménager fréquemment, au départ tous les 3-4 mois, j’ai donc fait des petits boulots, toujours dans des commerces de bouche. Lorsque la possibilité s’est offerte d’être mutée à Lyon en même temps que mon mari, j’ai foncé, chance folle d’être promue dans une boite qui me plaisait toujours et la vie a suivi son cours. J’ai adoré ces deux années autant que je les ai détestées. C’est génial de participer à l’implantation d’un commerce de A à Z, créer une clientèle, s’éclater en déco, organiser des événements… mais s’impliquer autant pour un commerce qui n’est pas à soi, c’est trop. D’autant que je ne voyais plus du tout ma famille, enfin si, je voyais mon mari et mon fils un samedi par mois et cinq jours en août, autant dire pas du tout. Mon corps commençait en plus à lâcher, mes soucis de santé empiraient, je me suis blessée au boulot. J’étais censée être en arrêt depuis six mois quand j’ai parlé de mon besoin de partir à mes patrons. Besoin de retrouver ma santé, ma famille et surtout, suivre mon rêve à moi.

Objectif : travailler pour soi

Depuis toujours, il y a un truc que je fais en plus de mes boulots : écrire. J’ai toujours adoré écrire pour moi ainsi que sur mon ancien blog mais aussi pour les autres et notamment pour des entreprises qui avaient besoin de plumes pour communiquer. J’aime énormément jouer les écrivains fantômes, c’est donc vers là que je voulais me tourner. Et donc, j’ai quitté le salariat pour le merveilleux (ah ah) monde du freelance. Objectif ? M’accorder davantage de liberté, faire un travail qui me plaise à 100% (bon d’accord la compta ça ne me plaît pas tant que ça), vivre davantage en famille et surtout, gérer mon temps. Alors oui, j’ai quitté un CDI, un salaire fixe un peu au-dessus du smic, un emploi dans une entreprise agréable qui me laissait beaucoup de libertés. Je ne gagne pas mieux ma vie, ce n’est pas l’objectif. C’est tout un rapport au travail que j’ai questionné et voulu modifier. Je ne sais pas si c’était votre cas mais ado, je me moquais beaucoup des adultes, et surtout de mes parents, qui bossaient toute leur vie pour au final payer leurs factures et ne pas vivre. J’étais choquée de me dire que vivre se limite au dimanche et à 5 semaines off dans l’année. Bien sûr, une fois mes études finies, j’ai oublié ça, rattrapée par les réalités de la vie. Je ne nie pas qu’il faille de l’argent pour vivre, nous y sommes tous confrontés, mais j’ai décidé que mon moteur dans la vie ne devait plus être le travail. J’ai eu un enfant, c’est pour partager avec lui, pas pour qu’il me dise le soir « Maman, pourquoi quand t’es là y’a pas Papa et quand y’a Papa t’es pas là? ». Je suis consciente que c’est un épineux souci pour beaucoup, Mélanie en parlait d’ailleurs ici, mais j’ai eu envie de tenter ma chance. Je ne sais pas si ça va marcher comme ça longtemps, si je fonctionnerai ainsi toute ma vie, mais j »ai eu besoin d’un équilibre différent. On fera un bilan dans quelques temps!

Et vous, comment ça se passe le boulot? Vous aimeriez changer de vie?

PS : Non Maman, je ne vis pas de mon compte Instagram, pas avec 700 abonnés et 30 personnes par jour ici!

7 commentaires

  1. Mdr le « PS » ! 🙂
    Je l’attendais avec impatience cet article. Ton choix est extrêmement courageux (mais il était plus que necessaire !) et tu le sais, je rêverais de pouvoir faire la même chose. Seulement comme tu l’expliques très bien, j’ai fais des choix de vie qui font qu’aujourd’hui, se passer de mon salaire est impossible. Pas en vivant à trois adultes avec largement moins que le salaire médian français.
    Vous êtes trois dans mon entourage à avoir quitter votre boulot, et je vous envie, vraiment ! Si la fonction publique ouvrait des droits au chômage cela ferait longtemps que j’aurais quitter mon emploi. Mais la vie est ainsi, alors je continue, même si mon job ne me plaît plus et qu’une pause, une vraie me serait, je le sais, plus que bénéfique. Je te souhaite de tout coeur de la réussite, quoique tu entreprennes. Parfois se laisser du temps et laisser faire, c’est la meilleure des choses à faire 🙂

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    1. Merci beaucoup Mélanie! J’ai effectivement eu la chance de pouvoir me lancer grâce à une entreprise compréhensive et surtout, parce que nous sommes deux et l’un de nous deux peut assurer quelques mois notre stabilité financière. Cependant, je sais bien que ce n’est pas la situation de tous, notamment la tienne, et je trouve cela terriblement injuste, nous devrions tous être en mesure de suivre nos rêves sans nous mettre en danger! Pourtant, malgré ces difficultés, je suis sûre que tu réussiras à réaliser tes rêves et ce, avec un grand succès.

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  2. Ton choix est très courageux, mais on sent qu’il a été nécessaire pour vivre mieux 🙂 Moi, c’est d’ailleurs suite à un licenciement que j’ai repris le chemin du freelance, et j’ai jamais été autant épanouie.

    Comme je vis seule, je me dis que je ne dois compter que sur moi pour payer le loyer, remplir le frigo, etc… c’est une source de stress évidemment mais pour l’instant, c’est le mode de fonctionnement qui me convient le mieux.

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  3. Chouette article et beau témoignage.
    Depuis mes jobs étudiants, j’ai compris que ce que je voulais dans ma vie active, c’est être utile. Aujourd’hui, je suis prof au collège et je suis fière d’enseigner et de transmettre la curiosité et le sens critique à mes élèves, et je me sens utile.
    J’ai un travail que j’aime, qui est éprouvant psycologiquement, qui me donne des horaires compatible avec une future vie de famille, qui est fatiguant, qui me donne de l’énergie… du positif et du négatif, comme partout, et je ne changerais pour rien au monde 🤗

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